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 Une brique de sang de plus pour la "patrie"

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Cénan LeGuirrec
Admin - ~ Elite Sous-Marine ~


Nombre de messages: 33
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MessageSujet: Une brique de sang de plus pour la "patrie"   Jeu 1 Déc - 20:28

Cénan tira la manette vers lui, appuya sur une série de bouton avant de repousser la trappe de sortie qui s'ouvrit dans un claquement sec au ras de l'eau.L'engin sortit un peu plus de l'eau, s'approcha doucement du quai puis s'arrêta.Un mini-grue vint le prendre antre ses griffes, le souleva avant de le déposer sur son socle, à côté de machines semblables.Par l'ouverture émergea le ténébreux Cénan, les cheveux mouillés et dégoulinants, le visage blême et contusionné et balafré à la joue gauche.Du sang séché la maculait.Il inspira l'air du hangar, presque avec soulagement, tout en sachant pertinemment que ce n'était pas non plus du "vrai" air.Il s'extirpa de sa "bête" nommée Triska.C'était son joujou, on lui en avait fait don après un séance des plus périlleuses duquel il était ressortit non seulement vivant, mais triomphant.Cet engin n'était pas qu'à lui, mais c'était quand même le sien, il y avait peu qu'il en avait totalement le contrôle et la connaissance et l'appréciait.Il avait fait ses réglages en fonction du caractère de triska, l'engin était capricieux, survolté, difficile à manoeuvrer, froid, distant, agréable à manoeuvrer pourtant.Enfin...C'était elle.Il se trouvait profondément pitoyable et ne tirait aucune victoire à avoir fait ce qu'il avait fait mais bon...son pathétisme était affligeant.

Il sauta à terre avec la grâce et l'agilité d'un félin et déposa ses lourdes bouteilles à terre, pleines d'algues.C'était répugnant, il en avait même dans la combinaison.Il ota le haut, se retrouvant torse nu et finit par l'ôter complètement.Dans son sac resté à l'attendre sagement là, il trouva une serviette avec laquelle il se frictionna le corps avant d'enfiler son pantalon et de la déposer négligemment sur ses épaules nues.Ses cheveux lui tombaient devant le visage sans parvenir à en cacher complètement les meurtrissure et l'animosité inscrite.Le caporal en chef arriva, suivi de deux soldats, probablement ceux qui l'avaient averti de son arrivée. Il regarda avec un peu d'inquiétude le visage de Cénan, non pas que le fait qu'il soit blessé l'inquiétât, mais si l'objectif de la mission avait loupé...


-"Avez-vous réussi soldat Cénan ?"
-"Oui Monsieur."
-"Ah...Vous m'en voyez ravi.Vous laverez votre engin, vos bouteilles et votre combinaison cela va de soi.J'avertirais le général de votre réussite.Un grand coup, oui un grand coup, le colonnel avait raison, quelle brillante idée.Où est votre partenaire ?"
-"Il n'est plus."
-"Mort ?"
-"Oui Monsieur.Une embuscade, des explosifs."
-"Hum... Il est mort pour sa patrie.Lorsqu'on aura le temps nous lui ferons des funérailles."

Cénan commençait à bouillir et contenait avec grand peine et la veine sur ses tempes battait.Comment osait-il ? Quelle patrie ? Il fallait tuer ce chien ! Les deux soldats derrière lu lui firent signe de se calmer, connaissant la rivalité qui régnait entre les deux soldats.Oui le caporal était un soldat, s'il crevait il n'aurait pas plus de funérailles que ce pauvre jeune homme qui en aurait comme on en aurait le temps.Jamais.Mais Cénan ne voyait plus.Ce jeune homme lui avait sauvé la vie plus du'n fois, ce fut son coéquipier, un homme superbe, quelqu'un de bien, un de ceux qui méritaient de rester, un liseron quant à lui.

-"Chien ! Tu iras pourrir dans les entrailles de celle que tu appelles patrie !"

La violence du coup donné envoya le caporal au tapis.Il ne se réveilla pas, il était sous le choc.Les deux soldats furent à peine étonnés et haussèrent les épaules en pensant que Cénan manquait de tact et de responsabilité.

-"Dis moi le nom de notre patrie ?! Dis le moi ! Je ne sais pas pour qui je me bats, pour qui je perds tout ce que je n'ai jamais eu et n'aurais jamais.Tu pourras dire qu'il y aura un homme de plus dans à emmurer dans ce mur de honte que vous construisez.Faites le disparaître de ma vue avant que je ne le saigne comme un porc."

Les soldats s'éxécutèrent, ils étaient jeunes et craignaient Cénan.Mais ils le connaissaient, ils savaient à quoi s'en tenir avec lui.Cénanéël n'était pas très fier de lui, il avait encore usé de violence.Il ne pouvait s'en empêcher.Il le détesttait, il les détestait tous, il voulait s'endormir et entrer dans un jardin fleuri pour n'en jamais sortir.Juste s'en dormir.Il appuya ses mains contre un des engis et baissa la tête en contemplant le sol.Il ferma les yeux et pria rapidement pour son ami..son ami ? oui, son ami, mort pour une cause inconnue.Il avait réussi la mission.Merveilleux n'était-il pas ?

{Réservé}
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Jormungiand Ozjuwah
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MessageSujet: Re: Une brique de sang de plus pour la "patrie"   Dim 4 Déc - 18:37

[Yark yark.]

Jormungiand arrive après la bataille, balai au clair, porté fièrement sur une épaule plutôt basse. Il arbore en outre un air boudeur et blasé, et un regard froid et buté. On vient de lui ordonner un peu sèchement d'aller nettoyer les hangards, vu qu'il ne foutait jamais rien par rapport à ses petits camarades, et que c'était pas juste pour eux. Pour quelqu'un qui a longtemps espéré être muté aux cuisines, avouez que c'est un coup vache. Donc, Jor, peu motivé, descend vers les hangards, en grommelant intérieurement contre son chef, qui décidément, a envie de lui casser les... pieds. Il y va avec une telle mauvaise grâce, qu'il arrive à se paumer dans les bâtiments, et se met tout seul sur les nerfs à tourner en rond sans se retrouver. Enfin, au bout de ce qu'il lui semble être une éternité, il arrive à retrouver son chemin, et s'apprête à pousser la porte des hangards. Que nenni, un soldat débarque, et le pousse sans aucune douceur sur le côté. Sans lui parler aussi : un soldat, ça ne parle pas à la piétaille telle que lui. S'il ne connaissait pas bien deux soldats, il les détesterait tous autant les uns que les autres.

Une fois le convoi passé -il a dénombré trois soldats, dont deux du rang portant un gradé-, il décide qu'il peut entrer sans se faire embrocher à coups de mitraillette ou autres joyeusetés, et s'avance dans l'immense salle qui est nommée "les hangards". Au début, il s'amuse à faire claquer ses pas, les écoutant résonner. Non, il n'est pas débile. Seulement, perpétuellement enfermé dans une espèce de bunker sous-marin comme il l'est, il a fini par adorer les plus grandes salles qu'il voit. Comportement tout à fait normal -et c'est bien un des seuls comportements normaux qu'il a, celui-là. Puis son émerveillement un peu forcé -s'il n'avait pas cette minime joie dans la vie, avec quoi il serait tout le temps de bonne humeur, je vous le demande-, son regard change. Parce que cette immense, cette gargantuesque, cette salle tout à fait spatiale, il est censé la nettoyer dans l'après-midi ! Rectification : son chef ne veut pas lui casser les pieds, mais l'assassiner, le balai à la main. Quel triste destin... Le grand brun a un mouvement agacé, et se dirige résolument vers l'endroit qui lui semble le plus sale, c'est à dire vers Cénan et son vaisseau, parce qu'ils viennent d'arriver.

Il ne verra pas le pilote tout d'abord. Il tourne autour du vaisseau en se demandant s'il a le droit de le nettoyer à coups de balai énergiques. Il connaît pourtant la réputation des pilotes de détester que l'on touche à leurs machines, et à fortiori, qu'on les maltraite. Et avec son peu de connaissances en pilotage et en technologies dites modernes, il ne peut que la maltraiter, on est bien d'accord. Il jette ensuite un regard à la combinaison abandonnée au sol. Il évalue la taille, et en déduit que l'homme qui la porte ne doit pas être bien gros. Puis il retourne à ses moutons -c'est à dire le vaisseau. C'est alors qu'il aperçoit Cénan, et a un sursaut visible de frayeur. C'est qu'il n'a pas l'air spécialement amène, le Cénan, avec sa joue maculée de sang, son air énervé, etc etc. Tant pis, s'il le faut, Jor se défendra de son fidèle balai.

"Heu je... Suis censé nettoyer les hangards."

Hey, j'ai dit : "s'il le faut".

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Cénan LeGuirrec
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MessageSujet: Re: Une brique de sang de plus pour la "patrie"   Jeu 19 Jan - 18:11

(je m'excuse du retard é___________è mais bien bas, très très bas)

Quelques larmes glissèrent le long de la joue deCénan qui ne fit rien pour ls retenir. Il avait si mal, si froid. Il fouilla dans la poche de son jean, il n'y avait pas âme qui vive. Il se pencha sur son sac et en sortit un paquet miteux de clopes. Vide. Il alla se rappuya contre l'engin tournant le dos au monde. Oui Cénan pleurait, il avait mal vous entendez bande de chiens ?! Il avait mal ! Il n'était pas un robot. Il entendit des pas derrière lui mais ne se retourna pas. Il attrapa sa serviette, s'essuya les larmes de son visage, reprit une expression de dureté mais ses yeux rouges et bouleversés le trahissaient. Il détestait se sentir si faible, si misérable.Il se détestait.Il jeta sa serviette ensanglantée derrière lui inspira l'air vicié à grandes bouffées avant de se retourner vers l'homme qui l'avait interpelé. Il le jaugea du regard, grand, beau, mince et provoquant. Il ne savait absolument pas quoi lui répondre. Il n'avait pas envie de l'envoyer balader, il n'était pas en état et d'un autre côté il n'avait aucune envie de se montrer faible et et de se voir entraîné dans on ne sait quelle conversation idiote. Aussi se contenta-t-il de dire avec lassitude :

-"Alors fais-le."

Céna attacha ses cheveux en catogan, plongea ses mains dans son sac et en tira une chemise qu'il enfila négligemment. Puis il grimpa aux barreaux de fer et pénétra dans son engin. Il y resta quelques minutes avant d'en sortir. Une main inerte dépassait derrière lui, puis un deuxième corps sortit de la bouche de la "bête". Cénan descendit avec peine, portant sur son dos le cadavre de son camarade "mort pour la patrie". Il le déposa avec délicatesse sur le sol, dégagea avec douceur les mèches mouillées qui cachaient son visage. L'autre qui balayait il s'en fichait, peu importe s'il apparaissait comme un faible.

Cénan fouilla dans son sac et en retira des compresses avec lesquelles il épongea le sang qui maculait le visage du mort. Il lui retira sa combinaison et ses bouteilles. Ça lui appartenait désormais, et, de plus elles étaient adaptées à sa taille. il s'en fichait en fait, c'était pour essayer de relativiser. Ça ne lui ressemblait pas de relativiser. Non tout était désespérant et il était mort. Cénan continua d'éponger tout le sang, des blessures béntes étaient ouvertes ça et là. Il sortirait la nuit prochaine et il irait l'enterrer "à la surface".
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Jormungiand Ozjuwah
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MessageSujet: Re: Une brique de sang de plus pour la "patrie"   Jeu 19 Jan - 20:24

(Mais c'est pas grave du tout ! Quant à moi, je m'excuse pour mon style de jeu... particulier, je m'astreins à différents genres...)

Jormungiand a dans Tethys 07 la réputation d'être un jeune homme qui n'a pas la tête sur les épaules, joueur, libertin, et pas trop au courant des choses de la vie - en dehors, bien entendu, du sexe, genre où il doit être le plus au courant de toute la base en dépit de son jeune âge. Il jette à l'homme assez effrayant qui lui fait face un regard en coin. Assez effrayant, mais juste dans son sens à lui, Jormungiand. Pourquoi ? Trop de sentiments qui se bousculent sur son visage, dans ses yeux rougis. Les sentiments, voilà bien quelque chose qu'il évite comme la peste, le camarade Jormungiand. Il a ouï dire que ça peut faire très mal, et est passé champion dans l'art de s'esquiver et de les éviter. Le résultat ? Une impression générale de je m'en foutisme aigu, et des gens qui l'apprécient souvent sans l'aimer. Il arrive d'ailleurs de réussir le tour de force de ne pas en souffrir, mais s'il se demande parfois s'il ne loupe pas complètement sa vie. Ses yeux gris fer suivent la trajectoire de la serviette ensanglantée sans qu'il ne cille. Il cache de nombreuses choses à ses camarades de bord, pourrait-on dire. Il est de nature bavarde, mais pas confidente.

Conscient qu'il ne sert absolument à rien ainsi planté ici le balai à la main - mais a-t-il jamais servi à quelque chose, ce grand brun ? il en doute lui-même -, il commence vaguement à remplir son office : balayer. Travail passionnant entre tous. Peut-être que s'il avait achevé son parcours scolaire, il aurait pu effectuer un autre travail dans la base. Pilote ? Ne même pas y penser. La notion-même de solidarité lui échappe complètement. S'il était à la place de Cénan, c'est très cruel à dire, mais il ne se mettrait pas dans un état pareil. Jamais. Il a un sourire amer en se disant que même des insectes seraient plus affectés que lui par la perte de leurs semblables. Il secoue la tête, remet ses longues mèches de cheveux en arrière, mais ne les attache pas. Un mouvement maladroit, et voilà une large tâche de sang dessinée au sol. Il retient un soupir désespéré. Même balayer, il ne sait pas le faire correctement... Désespérant, oui, c'est le bon mot.

Il se tourne un instant vers le pilote. Qu'est-ce qu'il trafique, l'autre ? Ah. Il descend un corps. Charmant. Beaucoup, sans doute, se seraient imaginés Jormungiand dégoûté, tremblant, les yeux écarquillés, évanoui, que sais-je encore ? Pas du tout. Comme mentionné plus tôt, il recèle de nombreux secrets, ce Jor bavard et taciturne à la fois. Il incline la tête sur le côté, un peu comme le ferait un jeune animal, regardant faire Cénan. S'il le trouve faible ? Non. Emouvant ? Non plus. Il le trouve terriblement humain. Il mesure en silence le fossé qui les sépare. Et pourtant, ne joue-t-il pas terriblement bien la comédie ? Il pense bien avoir mérité une belle médaille, tiens.

Il reprend ses activités passionnantes de balayage de sol, concentré sur un dilemme. Préoccupant. Est-ce que Cénan prendrait mal ses condoléances - fausses, données par conscience professionnelle - ou pas. Il est peut-être dans un cas critique lui-même, mais il connaît assez bien ses congénères. Seulement, le pilote a l'air choqué. Oui, choqué. A-t-il jamais été choqué ? Il étrécit les yeux tout en frottant énergiquement la tâche qui résiste sous ses coups de balai. Il se souvient du jour où un corps d'homme troué de balles de fusil et par le fait, ensanglanté lui était tombé dessus. Il n'avait pas trouvé ça choquant. Mais salissant. Ah, il cache bien ses pensées profondes, le monstre, sous des attitudes et expressions joyeuses au possible. Il hausse légèrement des épaules pour lui-même ("Quoi ? Et qu'est-ce que j'aurais dû penser ?") puis se retourne, prend un air sérieux - mais il ne peut empêcher son aura provocante de se diffuser autour de lui, c'est une vieille habitude, comme une attaque avant la fuite - et déclare de sa voix basse - presque trop basse pour son âge, comme vieillie :

"Je suis désolé. Et je me fous pas de vous."

Ah, il a fait un effort. Il n'a pas tutoyé Cénan. Il tient négligemment son balai de la main gauche, sa longue silhouette lascivement postée en face du pilote - on ne se refait pas. Cheveux fins et intensément bruns encadrant son visage aux traits blancs mais opaques, yeux gris fer aux couleurs changeantes posés sur le dos de Cénan. Heureusement, la trace de sang qu'il avait maladroitement étalée par terre a disparu. Merci Super-Balai.

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